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FIFA - STORY

Chapitre 99 – Gain d’espoir et de vengeance

24 Juin 2013 Publié dans #Bushwackers

Mes tempes me font mal. Le néant m’entoure ainsi que la présence lugubre du silence. J’essaye d’ouvrir mes yeux mais mes paupières sont immobilisées par un film invisible. Ma bouche est pâteuse. Je sens que ma langue est sèche. Toute ma zone buccale réclame de l’eau.

J’essaye de tendre l’oreille dans l’espoir de briser ce silence pesant. Je n’entends rien sauf l’intérieur de mon corps. Le rythme accéléré de mon cœur m’indique que je suis toujours vivant. Je l’espère. Je perçois les vibrations de l’air qui pénètre mes poumons. Je respire difficilement mais l’oxygène ne me manque pas.

Je ne suis toujours pas certain de faire parti du monde des vivants. Pour confirmer que je n’ai pas rejoins mon épouse, je tente de me pincer le bras, comme pour se sortir d’un mauvais rêve. Ce dernier reste figé. Il ne bouge pas d’un cil. Je tente la même manœuvre avec mon second membre. Idem. Il ne me reste plus que les jambes. Immobiles. Inertes mais présentes. Je les sens. J’ai le contrôle de mon corps mais je suis enclavé par des liens invisibles.

Soudain, mon esprit fouille dans mes derniers souvenirs. Mes neurones travaillent dur pour me fournir des brides d’images et de sons. Autant d’éléments pour constituer un court métrage mise en scène par un mauvais réalisateur. Les chainons mémoriels s’emboitent les uns aux autres. Un souvenir se forme puis je me rappelle. La montée. Le bar. L’alcool. Mon envie de vomir puis la douleur à la tête. Ensuite c’est le black out jusqu’à que je me réveille dans ces ténèbres.

Le silence s’efface brutalement. Je sens que mes oreilles se nourrir des sonorités environnantes. La pression sur mes tempes a disparu : un casque insonorisé était posé sur ma tête. Deux voix. Lointaines. L’une se rapproche et se tait lorsqu’elle devient à peine audible. Des bruits de pas puis une lumière aveuglante.

« Bonsoir Josh ! »

Les traits de mon visage sont sculptés par la main experte de la stupeur. L’homme qui me fait face me sourit.

« EN-FIN ! EN-FIN ! Tu es devant moi. A ma portée et surtout à ma merci. J’attends cela depuis bien trop longtemps. Ce moment là, j’en ai rêvais un certains nombres de fois. J’ai même arrêté de compté car cela est devenu obsessionnel. Cette fois-ci, je te tiens et je vais enfin pouvoir obtenir ce que je cherchais. »

Je suis ligoté à une chaise coulée dans le béton. Elle ressemble presque à un trône d’un monarque déchu. Je commence à prendre conscience de la réalité qui m’entoure. Je me suis fait piéger par celui qui me traquait. Je me suis laissé emporter par l’euphorie de la victoire, diminuant en conséquence ma vigilance. Il n’a pas hésité. Il a saisi l’occasion. Le moment où j’étais le plus vulnérable. Il m’a piégé. Je me suis fait avoir comme un bleu.

« Plus de dix ans que tu es devenu l’objectif d’une vie : la mienne. Depuis tout ce temps, j’ai attendu le bon moment pour obtenir cette vengeance tant désirée. J’ai fait preuve de la plus grande patience pour apprendre à te connaître et à engranger de l’expérience, pour être plus fort que toi. J’ai commis quelques erreurs qui ont failli me couter très cher. Heureusement pour moi, elles furent sans conséquences. La meute ne t’as pas tué et ton adjoint est mort à ta place. Quand on réfléchit on se dit que ce fut presque positif. »

---

Les mots veulent sortir de ma bouche. J’ai envie de lui cracher au visage. Le bâillon m’en empêche. Ce ne peut pas être lui. C’est impossible.

« Maintenant, je suis là, devant toi. Et je savoure ! Pleinement ! Je pense que tu ne t’attendais pas à moi. J’ai trop bien caché mon jeu. Qu’est ce que ce fut facile de te manipuler. Une vraie marionnette, tu fais. J’ai joué avec tes ficelles et je t’ai amené là où je voulais. Tu as souvent cru que je perdais la main à certains moments mais ce n’était qu’un leurre. »

Pourquoi ? Qu’ai-je donc fait pour qu’il m’en veuille autant ?

«J’ai adoré m’amuser avec le passé de ton père. Ce fut un régal. Tu as cru que je voulais détruire ton lien paternel mais c’était le contraire. J’ai adoré t’écouter en train de jubiler de m’avoir baisé. Oui, je t’ai épié. Tous les jours. J’ai implanté des micros partout dans ta chambre. Dans ta voiture. Je t’ai souvent écouté lorsque tu parlais tout seul. Et même lorsque tu t’adressais à ta femme et à ta fille. Ne nous dispersons pas…je disais…ah ! oui ! C’est moi qui t’ai baisé mon petit Joshua ! Je voulais que tu lui pardonnes et que tu voies que tu n’étais pas le seul à avoir un passé sombre ! Du coup, tu as reconsidéré Craig. Ton amour pour lui est devenu plus fort. Il est devenu la bête blessée que tu ais. Tu as découvert un point commun. Tu as reprit espoir. Et j’ai réussi ! »

Je ne comprends pas. Nous avons tout partagé.

« Puis, les choses se sont enchaînées. Tu t’es remis au boulot. Tu as su remotivé tes troupes et tu as pu croire à ta survie. Tu as enfin vu que la mort n’était pas la meilleure chose qu’il pouvait t’arriver. Je le vois maintenant dans tes yeux. Tu as peur de disparaître. Tu veux vivre, Josh. Malheureusement, moi ,je ne veux pas. »

Dans le dos de mon geôlier, une ombre se dessine et un visage apparaît. Drake. Avec une balafre au visage. Que fous ce gamin ici ? Je croyais qu’il était parti. Loin de Sydney et de moi.

«Tu as reconnu le Clébard, on dirait. Lui aussi veut sa vengeance. Grâce à lui, et à ses deux mains habiles, nous avons pu t’enlever sans que personne le remarque. Il est là pour te faire payer le meurtre de sa copine et de Sydney. Je lui ai révélé ta vraie nature. Même si je sais qu’il s’en doutait. »

Il ose faire un clin d’œil ! Je vais le tuer ! Ce fils de pute a embobiné le merdeux !

« Avant que je ne m’empare de ta vie. Je souhaiterais te raconter ma douleur. Celle que j’essaye de combler. Il y a quelques temps, grâce à toi, j’ai rencontré une femme. Sublime et parfaite. Je suis tombé amoureux d’elle et j’étais heureux. Puis tu as décidé de me l’enlever. TU AS TUE MON CŒUR ! »

Il fabule ! C’est un fou !

« Karen était tout pour moi. Tout. Elle m’aimait. Elle voulait te quitter pour démarrer une nouvelle vie avec moi. Elle ne te supportait plus. Tu ne l’as comblait plus. Elle était malheureuse et j’étais son rayon de soleil. »

Il délire.

« Tu ne me crois pas. Je le sais. Drake ! Amène le caméscope s’il te plaît. Je vais te montrer à quoi on jouait lorsque tu étais à l’entrainement. »

Des larmes coulent sur mes joues. Ma haine s’est éteinte soudainement. Tout mon corps est immergé par la douleur. Celle de la trahison. La voir ainsi, nu sur le corps d’un autre. Cette femme en qui je croyais, pour laquelle j’aurais tué. Une menteuse. Une salope.

« PLEURE PAS ! HYPOCRITE ! Tu l’as TUEE ! TU me l’as AVOUE ! Lors d’une sortie dans un pub, tu étais saoul et tu t’es libéré de ce poids. C’est tombé dans la mauvaise oreille. Le jour où tu m’as avoué ton péché, moi aussi j’ai pleuré. Moi aussi j’ai voulu en finir. »

VA TE FAIRE FOUTRE !

« Au moment de me trancher les veines, un être est apparu devant moi. Un être sombre et déterminé. Il m’a guidé et il m’a transformé pour devenir l’être que je suis. Cette personne c’était mon reflet. Nourrit par une soif de vengeance. Ta mort est devenue une quête ultime. J’ai tué beaucoup de gens pour me faire la main. Beaucoup de jeunes. La presse a relaté certains de mes faits dernièrement. Je me suis moins caché. J’ai gouté au plaisir forcé de la chair. De temps en temps, je violais une femme, manière de me vider les couilles. Puis je suis devenu expert dans la prise de vie. J’ai prit du plaisir à m’emparer de leur dernier regard. Celui qui est remplit d’espoir avant de mourir. Ce regard qui cherche un signe du destin qui pourrait empêcher mon geste. Celui là même que je vais m’imprégner lorsque mon couteau tranchera ta gorge. »

Il devrait être mort ! Comment-a-t-il fait ?

« J’ai failli oublier ! Le moment de ma disparition ! Le jour où tu m’as vendu à un mafieux véreux. Cette fille méritait que je m’empare de son intimité. Elle l’avait cherché. Malgré mon grand jeu d’acteur qui t’implorait la pitié de manière théâtrale, tu m’as vendu. Comme si tu ne me connaissais pas. Ce fut pour moi la confirmation de ta cruauté. Lorsque les deux sbires furent faciles à tuer. J’ai échangé mes vêtements contre les miens et j’ai glissé mes papiers dans la poche de mon pantalon. J’ai tout fait cramer et la police a déclaré ma mort. Tu y as cru ! Quel plaisir ! »

Teddy. Mon meilleur ami.

« Maintenant que je t’ai tout raconté. Il est temps pour nous deux, de s’emparer de ta vie. »

Teddy tend le bras vers une table à ma droite. Il s’empare d’un miroir et d’un tabouret. Il place ce dernier devant moi et pose la surface réfléchissante face à moi. Je vois mon visage tuméfié.

« Drake, passe derrière lui et tire lui la tête en arrière. Je veux voir son cou puissant. Pas trop ! Je veux qu’il puisse se voir se vider de son sang. »

Teddy glisse sa main dans la poche de son jean et un rasoir à main apparaît. Il dégage la lame puis la pose sur ma peau. La froideur de la lame me fait frissonner. Il a gagné. Je ne veux pas mourir. La vie vaut la peine d’être vécue.

« Adieu, Joshua. »

Le sang chaud gicle sur le miroir.

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