Chapitre 2 - Le début de la fin
Craig Hearwood a passé une excellente journée. Il est fier de voir son nom affiché dans les magasines du moment. Ses compatriotes n'ont que le football dans le bouche! Ce sport est dans le sang de tous les anglais! Du coup, impossible de passer inaperçu après le rachat d'un club, surtout d'un club comme celui-ci. Il faut avouer que l'ancien promoteur immobilier n'a pas choisi Millwall par hasard. S'il veut mener son projet à bien, il fallait que ce club soit forcément à lui. Un nombre à huit chiffres sur un chèque a suffit et aisément qui plus est. Son objectif est atteint, il en est ravi. Il peut enfin se pencher sur l'avenir et pour cela il a besoin d'un seul homme. Sans lui, rien de ce qu'il a en tête ne sera réalisable. Selon les rumeurs, il est de retour à Londres et certains le disent proche de la fin. Craig espère arriver à temps.
Son chauffeur vient d'arrêter la Rolls devant l'hôtel zonard où se loge l'homme qu'il recherche.
La façade du bâtiment est défraichie. Le hall pue la pisse et le réceptionniste, surement le propriétaire, à de longs cheveux gras. Une odeur forte d'alcool semble transpirer de tout son être.
Herawood glisse un petit billet sur le comptoir et obtient ainsi le numéro du type qu’il désire retrouver.
Il grimpe un vieil escalier en bois qui craque à chaque pas et atteint le premier étage. Une femme à moitié nue est allongée dans son vomi au milieu du couloir. Le nouveau propriétaire de Millwall l'enjambe tout en se bouchant le nez et se retrouve face à la porte désirée.
D'un mouvement puissant, il assène trois coups sur le bois mince qui obstrue l'entrée.
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Boum! Boum! Boum!
Merde!
Mon index freine sa course et mes yeux laissent de nouveau entrer la lumière sur mes rétines. Putain! Qu'est ce que je fais? Mon esprit est emporté dans la tourmente du doute.
Boum! Boum! Boum!
Lui "Joshua! Je sais que tu es là! On voit la lumière sur la porte! Ouvre moi, c'est Craig!"
Craig? Comment a-t-il su que je suis de retour à Londres? Fais chier, je ne peux plus le faire. Non pas devant lui. Il ne le supporterait pas. Je me débarrasse du vieux et ensuite je termine ce que je me dois de faire. Je range le flingue dans le tiroir de la table de nuit. Je me dirige vers la porte. La gueule vieillissante de mon père adoptif apparait dans l'encadrement.
Lui "Bonsoir mon garçon!"
Il me sert dans ses bras. Je ne réponds pas à son étreinte et je le laisse parler.
Cela fait bientôt vingt minutes que le vieux est parti. Il n'a pas mâché ses mots et il est allé droit au but. Pas de sentiments. Pas de rappel de souvenirs communs. Non, il est allé à l'essentiel.
Il a usé des bons mots. Il m'a donné une opportunité de me souvenir d'une ancienne drogue que j'avais oublié, il y a de cela quinze ans: le football. Ce débris m'a redonné le manque du ballon et je ne sais toujours pas comment il a fait pour me retourner le cerveau. Il n'a pas osé prononcer le nom de Karen et Celina. Il savait qu'il ne fallait pas prononcer leurs noms. S'il l'avait fait, je l'aurais foutu dehors avec la marque de mes phalanges sur son visage. Il a été malin et il m'a donné un nouveau subterfuge pour noyer ma douleur. Celui de reprendre les reines d'une équipe. Une équipe à l'histoire sulfureuse comme si c'était écrit. J'ai donc accepté et je vais devenir le nouveau coach de cette équipe.
Je commence dans deux jours.
Un avenir semble se dessiner mais la mort rode. Je le sais.
Au fond du tiroir de la table de nuit, le Glock sourit. Il sait qu'il ne patientera pas longtemps avant que son propriétaire pète une fois de plus les plombs. Et la prochaine, ce sera la bonne...
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