Chapitre 13 - Match nul
Samedi 11 Août 2012
Une odeur délicieuse se glisse dans les vestiaires des joueurs de Millwall. Ce parfum composé de toutes les nuances de la tension et du stress. Les esprits sont nerveux. Les vibrations des tribunes d'Elland Road leur donnent des frissons.
"Je supporte Millwall depuis que je suis dans le ventre de ma mère. Ce club a toujours fait parti de moi. Peu importe les résultats, j'étais toujours fier de mon équipe. Pourquoi? Car lors des matchs mythiques comme celui d'aujourd'hui, son blason a toujours brillé. Même dans la défaite, les Lions m'ont toujours fait rêver lors de ces rencontres là. Je veux que vous donniez toute votre âme, tout votre être sur le terrain! Peu importe le résultat, je veux que vous affrontiez ces sous merde de Whites comme il se doit, avec courage et abnégation! Faites moi rêver et montrez leur que les couilles appartiennent uniquement à ceux qui ont un maillot bleu! Donnez tout! DONNEZ TOUT!!!"
Toute l'équipe des Lions a les yeux rivés sur leur coach. Chaque membre de l'équipe boit ses paroles, même Forde...
A quelques kilomètres de l'enceinte mythique d'Elland Road, un jeune homme d'une vingtaine d'année a hâte que la rencontre démarre.
Ce moment là, il attend depuis trop longtemps. Il est temps pour lui de vivre cette émotion qui règne au tour des derbys.
Ses amis l'appellent Snake. Il mesure un bon mètre quatre vingt et pèse bien dans les quatre vingt cinq kilos. Les traits de son visage sont marqués. Son crâne rasé laisse apparaître une fine couche de cheveux d'un châtain très clair. Il est habillé de bleu, de la tête au pied. Dans son coup, le col de son t-shirt dissimule avec difficulté un tatouage en lettre gothique: BUSWHWACKERS.
L'arbitre vient de donner le coup d'envoi. Le stade rentre en transe et l'animosité entre supporter est à son paroxysme. Je me concentre sur la prestation des joueurs et essaye d'oublier cette ambiance à la saveur si particulière.
Mes joueurs ont prit confiance. Mon discours a eu son petit effet. Tant mieux. La tactique en place gène Leeds. Tout commence bien.
Un homme vêtu de blanc vient d'apparaître dans le champ visuel de Snake. Les lettres de WHITES DOGS sont brodées sur le devant de son polo. Dans sa main droite, une batte de baseball toute neuve y est confortablement installée. Il est de taille moyenne et lorsqu'il s'approche de notre homme en bleu, il parait minuscule.
Lui "Tes gars sont là?"
Snake "Ils le seront quand il le faudra."
Lui "Le match a commencé."
Snake "Je sais."
Lui "Nous sommes en retard et ça nous plait pas."
Snake "Ton humeur, je m'en contre fous. En revanche, si tu avais choisis un autre lieu moins difficile d'accès, nous aurions commencé à l'heure."
Lui "Ce hangar est parfait pour être à l'abri des ennuis. Nous allons être tranquilles."
Snake "Au lieu de blablater, appelle tes hommes. Je veux que le spectacle démarre!"
Lui "Très bien."
Le garçon à la batte glisse la main dans la poche de son survêtement et en retire un sifflet. Il prend une grande inspiration et un bruit strident résonne dans le hangar.
Je suis fou de rage. Je me dirige vers le 4ième arbitre.
Moi "Y a faute, putain de merde! Ca se voit d'ici!"
Arbitre "Retournez sur votre banc. Mon collègue a prit sa décision et vous vous devez de la respecter."
Moi "Mon cul, oui!"
Arbitre "Ne m'obligez pas à vous sanctionner, monsieur Soon."
Je ferme ma gueule et je retourne sur mon banc en fulminant. Leeds vient d'ouvrir le score par l'intermédiaire de Becchio. Nous avons dominé toute la première période mais il a fallu que ce connard d'argentin bouscule Forde. Une fois mon gardien au sol, il a poussé le ballon au fond des filets. Un but injuste et contre le court du jeu qui plus est. Merde!
L'arbitre central siffle la mi-temps.
Une trentaine d'homme tout en blanc pénètre dans le hangar. Ils sont tous armé de quelque chose: batte, tesson de bouteille, couteau... Ils sont qu'une envie: faire saigner les Bushwackers.
Snake est toujours seul. Sans arme. Il commence à sourire.
J'ai encouragé mes gars pendant un quart d'heure. Je leur ai dit de ne rien lâcher et que nos efforts aller payer. Je crois en eux et je leur ai fait comprendre.
En sortant des vestiaires, je croise l'arbitre central.
"Cette fois-ci, arbitrez avec les yeux ouverts!"
Le groupe des Whites Dogs s'avance vers lui. Leur chef ouvre à nouveau sa bouche:
Lui "Ils se chient dessus tes copains?"
Snake "On n'avait dit à la régulière."
Lui "On est chez nous et on joue à notre manière, petite merde!"
Snake "Grossière erreur..."
Lui "Explosez-lui la tronche à ce merdeux!"
Soudain, des cris de sauvages retentissent.
Je regarde ma montre et cette salope d'aiguille tourne beaucoup trop vite. Henderson et Keogh n'arrive pas à trouver la faille dans cette putain de défense. J'hésite à faire un changement car j'ai peur déséquilibrer le groupe. Il est bien en place et je ne veux pas le fragiliser. Plus que cinq minutes à jouer. Toujours 1 but à 0 pour Leeds.
Des hurlements bestiaux qui figent sur place les ennemis de Snake. Ce dernier fait un pas en arrière et ses collègues apparaissent. La rage se lit sur leur visage.
Dernier corner. Henry centre mais la tête de Taylor s'envole dans les tribunes. Les trois coups de sifflets résonnent dans le stade. Je n'ai qu'une envie, celle d'arracher la tête à ce fils de maman d'arbitre. Au lieu de faire une connerie monumentale, je me dirige vers les joueurs pour les féliciter. Sauf un et ce dernier n'appréciera pas.
Le silence règne dans le hangar. Snake regarde son portable et encaisse la défaite de son équipe. Il émet un léger grognement de rage puis crache de dégout. Son molard consistant vient s'écraser sur le visage tuméfie de Chris. Le leader des Whites Dogs. Ce dernier git au milieu de son clan. Leurs tenues sont maculées de sang et certains ont du mal à respirer.
Juste avant de quittez le hangar, le leader des Bushwackers se retourne vers le tas d'hommes:
Snake "La prochaine fois, vous la jouerez à la régulière bande de raclures."
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