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FIFA - STORY

Chapitre 46 - La chute

16 Décembre 2012

Trois gouttes. Trois cercles qui ouvrent une brèche où l'inquiétude s'engouffre violement.

Sur la table du salon, il y a du verre brisé et le canapé est en vrac. Il lui est arrivé quelque chose de grave, c'est une certitude. J'inspecte le reste de l'appartement à la recherche d'éventuels indices.

La cuisine est telle que je l'ai laissé ce matin. Sydney était parti faire son jogging. J'étais seul pour déguster mon café. J'étais absorbé par un article sur la découverte d'un cadavre dans le district du Newham. Un type s'est fait égorgé dans l'indifférence générale. Aucun témoin et surtout aucun coupable. A ce moment là, je me souviens d'avoir pensé que Londres devenait de plus en plus dangereuse pour les promeneurs. Après avoir terminé mon petit déjeuner, je me suis échappé de l'appartement pour rejoindre les terrains d'entrainement. Le journal est toujours là et mon mug est en train de s'égoutter au bord de l'évier. Sydney a du le nettoyer donc elle est rentrée de sa balade sportive.

Pour m'assurer de cette déduction, je me dirige vers la salle de bain. Son pantalon de jogging est dans le bac à linge sale. C'est donc confirmé.

Je fouine dans son bureau. L'unité centrale de son ordinateur est encore tiède. Des documents éparpillés cachent partiellement le clavier noir. Elle a travaillé cet après midi et elle s'est arrêté, il n'y a pas très longtemps. Cela fait peu de temps qu'elle a disparue.

Je retourne dans le salon et je m'assois sur le sofa pour réfléchir à la situation. La porte était fermée à clef. Ses affaires personnelles sont là. Elle ne part jamais sans son téléphone et son sac. Son trousseau de clef n'est plus là. Elle a donc du partir faire une course mais sans son porte monnaie? Les questions défilent dans ma tête tandis que mon inquiétude grandit. Mon cellulaire se met à vibrer. C'est un sms. Numéro inconnu.

"La meute te guette. Nous allons te dévorer lentement pour que tu puisses savourer tous les plaisirs de l'agonie. La partie a déjà commencé. A très bientôt Joshua."

Stepanov! L'enculé! La meute a enlevé la seule personne qui me retient à la vie. Non! Ce n'est pas possible! Elle n'a rien à voir là dedans! Ils n'oseraient pas! Bien sur que si! Rappelle toi ce qu'ils ont fait en Bulgarie, ils sont capable de tout! Ils n’ont aucun honneur! Ils savaient qu'elle était mon point faible! ILS LE SAVAIENT CES GROS BATARDS!

Mon poing traverse la table basse. Des morceaux de verre s'envolent. Des triangles de tailles diverses s'écrasent sur le sol. La soupape de sécurité explose. La digue qui retient ma noirceur cède. Le flot mortel envahit mon âme. La colère fait place à la détresse. Je sais qu'elle est déjà morte. Je sombre.

Mes pensées sont ténébreuses. Ma bouche est râpeuse. Mes mains tremblent. Je les vois. Elles me contemplent avec leur doux sourire. Elles sont habillées de rouge. Karen ouvre ses bras. Célina me fait signe de venir. J'ai tout perdu. Sydney était mon seul espoir. La seule personne qui m'empêchait de rejoindre ma femme et ma fille. Je l'ai perdu. Je suis mort.

Je me lève et mes pas m'amènent vers la chambre. Deux tables de chevet d'un célèbre designer encadrent le lit. Mes jambes m'entrainent vers celle de droite. J'entends son ricanement cynique. Le tiroir glisse sans aucune résistance. La robe noire du Glock est aguicheuse. Mes doigts s'enroulent autour de la crosse. Le canon froid s'écrase sur ma tempe puis mon index appuie sur la gâchette. Un cliquetis familier...

Celui de la porte d'entrée. Un trousseau de clef qui s'écrase sur le guéridon. Une voix familière.

"T'es là mon coeur?"

Sydney! Elle est envie! L'angoisse disparait en emportant toute la noirceur avec elle. Elle est la seule à pouvoir faire cela. Cette femme est unique.

"Josh?! T'es où?"

Elle se rapproche de la chambre. Ma lucidité reprend ses droits. Je rage le flingue dans sa cachette. Je sens qu'il est déçu. Qu'il aille se faire foutre! Ce sera pour une prochaine fois!

"Ah! Tu es là! Vient embrasser ta maladroite!"

Je me lève et je l'enlace. Je lui dépose un baiser dans le cou.

"Je me suis coupé avec le verre que j'ai cassé. Ca coulait tellement que j'ai paniqué. Je suis allé chez la voisine. Tu sais, Myriam, l'infirmière...elle m'a recousue ça en deux-trois mouvements et me voilà avec deux jolis points de suture."

Dans l'encadrement de la porte, Karen et Célina m'observent avec un air triste. Je ferme les yeux puis les rouvre. Elles ont disparu.

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