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FIFA - STORY

Chapitre 59 - Arsenal

28 Janvier 2013

Mercredi 28 Novembre 2012

"Tu perds cette rencontre, je te vire! C'est clair?"

La phrase de Hearwood résonne encore dans ma tête. Après que les mots soient sortis de sa bouche, je n'avais qu'une envie: lui éclater la gueule contre le cadre photo où sa salope et son assisté sourient comme des cons! J'ai encaissé sans broncher! Je tiens trop à ce poste pour laisser mon impulsivité s'exprimer.

Le vieux m'a surprit. Lors de notre retour au club après avoir quitté Leicester, il m'a convoqué. Il semblait soucieux et en colère. Je n'ai pas pu aligner deux mots. Il s'est défoulé sur moi puis il a conclu par cet ultimatum. J'ai demandé une explication. Il m'a répondu que je n'avais pas le talent de Joshua. C'est à ce moment là que j'ai comprit. Je pensais que je l'avais dans la poche mais en fait je me rends compte qu'il se servait de moi. Tout ça pour une pauvre merde. Rien que de penser à lui, j'ai envie de gerber. En tout cas, il ne m'aura pas comme ça. J'utiliserai tous les moyens possibles pour que les résultats ne justifient pas un départ forcé. C'est un vicieux le Craig. Il croit que je suis condamné mais c'est mal me connaître. Je vais obliger les joueurs à se surpasser même si je dois utiliser des moyens illégaux.

Dans quelques minutes, l'arbitre va siffler le début de la rencontre. Une affiche de prestige pour Millwall. Pour les joueurs et surtout pour moi. J'ai aligné la même équipe que celle qui a joué pour le match de championnat. J'ai balancé un discours ciblé sur la hargne des gars. J'ai fouiné jusqu'au tréfonds de leur âme pour qu'il libère toute leur motivation. Je veux que leur talent, quel qu’il soit, se vide sur la pelouse. Ils ont bu mes paroles. Cela m'a confirmé qu'ils ne savent pas que je suis sur la sellette.

Ils sont partis vers la pelouse avec une niaque d'un autre monde. Mes mots les ont transcendé mais mon petit mélange magique a du commencer à faire effet. Une ancienne connaissance m'a fournit un savoureux cocktail qui va maintenir les joueurs dans un état de forme fulgurante. Parfaitement soluble dans l'eau de leur gourde, ils se sont désaltérés sans sentir quoi que ce soit. Ils sont tout bus. Peut être à cause de la chaleur des vestiaires, reconditionnée par mes soins.

Tout est en place pour rivaliser avec les stars d'Arsenal. J'espère que l'on va réaliser un grand coup. J'ai presque envie de croire que je vais réussir à sauver mon cul! Je pénètre à l'intérieur du rectangle vert. Je sers la main à Arsène puis je m'assois sur le banc. Dans 90 minutes mon destin sera scellé.

Dans la tribune opposée, Vince gesticule sur son siège. Il a quitté son poste de surveillant pour assister à cette rencontre. Il sait qu'il peut perdre son travail mais voir son club affronter Arsenal vaut tout l'or du monde. S'il se fait virer, il trouvera un autre job. Il a toujours su rebondir. Et puis ce n'est pas certain que son boss se rende compte de son absence. Il s'en fout maintenant, le plus important, c'est le match! L'arbitre porte le sifflet à sa bouche. Keogh engage. La rencontre démarre.

Vince hurle à se faire péter les cordes vocales. Il conspue l'arbitre quand il siffle contre son équipe, se lève lorsque Millwall est proche du but adverse puis chante lorsque le cop le fait. Au moment où Malone, l'arrière gauche, ouvre le score d'une magnifique frappe dans la lucarne, il exulte de joie. Tout le stade aussi. Ce n'est que la cinquième minute et les Lions créent déjà la surprise.

Malheureusement pour Vince et son club, Ramsey est en grande forme au poste de meneur. Il égalise d'une frappe vicieuse qui envoie le cuir au fon des filets. Il gueule et s'offusque de ce coup de chance. Il n'a pas vraiment tort car le milieu des gunners a profité d'un cafouillage sur un corner pour égaliser. Un réalisme qui permet à l'équipe de Wenger de revenir au score à la 13ième minute.

Les maillots blancs et bleus dansent avec frénésie sur la surface verte. Vince est transcendé par le comportement de son équipe. Ils courent partout et font un pressing énorme sur leur adversaire. Même ces derniers semblent surprit par la détermination de Millwall. A l'image de Keogh qui est étincelant. Le meilleur buteur du championnat et joueur préféré de Vince confirme son état de forme. Feinte de frappe sur Koscielny qui lui permet d'avoir une ouverture. Il fait un pas puis il arme. Les filets tremblent et The Den s'embrase. Le tableau d'affichage fait disparaitre le chiffre 1 pour laisser la place au 2. Le premier quart d'heure vient juste d'être consommé.

Vince se ronge déjà les ongles alors que la première mi-temps n'est toujours pas terminée. Il sent que le stress le bouffe. Il sort une clope pour s'occuper. La nicotine remplit ses poumons et il s'apaise. Après avoir fumé, cinq cigarettes, il a réussi à regarder la suite de la première période sans toucher à l'extrémité de ses doigts. Les vingt deux acteurs rentrent aux vestiaires. Avantage Millwall.

Non loin de là, sur le banc, un homme à le sourire. Au dessus de lui, le président Hearwood est ébloui par le spectacle de ses joueurs. Il oublierait presque ce qu'il a dit à son coach en début de semaine.

Vince est allé au pub durant la pause. Il s'est enfilé deux demis et il a rejoint son siège avec deux autres: un dans chaque main. Giroud déclenche la première passe synonyme du lancement du second acte. Arsenal semble touché dans son orgueil et montre un visage plus conquérant. Millwall défend avec beaucoup d'abnégation. Vince est surprit par l'état de forme de son équipe. D'autant plus qu'ils ont joué samedi! En leur honneur, il boit presque cul sec son verre qui siège dans sa main droite! Pour leur courage!

Ses lèvres ne se porteront pas sur sa seconde bière car Giroud vient d'égaliser sur un centre de Walcott. Vince se ronge à nouveau les ongles. Les douze dernières minutes vont être longues. Juste après avoir scalpé son index gauche, il est à deux doigts de renverser le liquide doré sur son voisin lorsque Feeney marque d'une demi-volée. Keogh réalise une passe décisive altruiste qui permet à son coéquipier de retrouver seul face au but. Le milieu gauche n'a même pas contrôlé. Le ballon a fait un rebond puis il l'a envoyé dans le petit filet opposé. Trois buts à deux pour les Lions.

Dix minutes à tenir. Les plus longues pour tous les supporters de Millwall. Les yeux de Vince alternent entre le panneau d'affichage et la pelouse. Le suspense est à son comble. Non loin de là, Cascarino n'arrive pas à rester assis. Wenger râle après ses joueurs et Hearwood est complètement happé par la rencontre. Le temps s'écoule et l'arbitre libère le stade. Un cri victorieux résonne dans toute l'enceinte. Millwall vient d'éliminer Arsenal. Un exploit auquel Vince n'osait pas y croire. Pourtant c'est fait! Son euphorie le rend maladroit. Le gobelet en plastique lui glisse des doigts et la bière se répand sur son voisin.

Lui "Excusez-moi! J'ai pas fait exprès..."

Le jeune homme lui jette un regard dur, presque animal, puis les traits de son visage se détendent pour laisser place à un petit sourire:

"C'est pas grave! On a gagné, c'est le plus important!"

Vince est mal à l'aise. Malgré l'indulgence de son interlocuteur, il sent une retenue. Comme si le mec était à deux doigts de lui foutre sur la tronche.

Lui "Je vais aller chercher du papier wc pour éponger."

Après avoir disparu dans les couloirs du stade, Vince a couru. Loin de ce mec flippant.

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