Chapitre 77 – Le retour des Rois
Samedi 9 Février 2013 (retour dans le présent)
Je m’appelle Drake Collington. J’ai tué mes parents. Tout d’abord mon père. Je ne lui ai pas fait de cadeaux. Je ne l’ai pas loupé. J’en ai profité. J’ai prit mon pied. Je me suis régalé.
Ensuite, ce fut le tour de ma mère. Je l’ai fait patienter. J’ai voulu qu’elle comprenne sa faute. Celle de m’avoir abandonné au profit de son vagin. Cette garce ne pensait qu’à ses orgasmes au lieu de dorloter d’amour son enfant. Maintenant, elle a rejoint les enfers. Son corps dort au fond de la cave. Les techniques de Sydney sont diaboliquement efficaces. Grâce à ce qu’elle m’a apprit, j’ai pu nettoyer toute la maison de mes géniteurs de fond en comble. Il n’y a plus une trace de sang. Il n’y a plus aucun indice qui pourrait indiquer l’ampleur du massacre. J’ai suivi ces conseils sauf pour les corps. Je n’ai pas prit le risque de les faire disparaître de la maison. Je ne pouvais pas à cause du voisinage. Beaucoup trop de curieux. Je les ai enfermés dans le congélateur de la cave. Cela évitera les odeurs de la putréfaction. Je me suis barré de cet endroit maudit. Mes parents n’avaient pas d’amis et ils étaient fâchés avec leur famille respective. Idéal.
Je suis parti à la recherche de ma bien aimée. Je voulais savoir ce qu’elle devenait. Les informations m’ont informé de son état de santé. Un choc qui s’est avéré utile. Pendant deux jours j’ai pleuré. Je me suis enfermé sur moi-même. Je me suis laissé aller dans les couloirs voués à la maintenance d’un pont. J’ai perdu l’esprit pour mieux le retrouvé. Un matin, je me suis levé. Sydney n’était plus en moi. Mes sentiments avait disparu. Comme par magie. Comme si ce n’était qu’une amourette éphémère. Oui, c’est ça. Une envie du moment. Le fantasme d’un instant. Ma jalousie envers Joshua s’est envolée mais ma haine persiste. Je veux l’exterminer car j’en ai tout simplement envie. Ce colosse au visage marqué est une cible à la hauteur du Clébard. Un désir gustatif canin.
J’ai décidé de me rapprocher de lui. Je ne sais pas encore comment. En attendant, il faut que le Clébard s’entraine. Il ne doit pas perdre la patte. Ses crocs doivent être aiguisés. Ses instincts doivent persister. Voilà pourquoi j’ai reprit contact avec son ancien maître. Snake a eu peur. Il a comprit que celui qui tenait les rênes de la bête, c’était moi. Sans ce contrôle sur le Clébard, il serait mort. Il m’a écouté. Maintenant, il m’obéit.
Quel plaisir de retrouver le banc ! Même si celui de Peterborough est plutôt inconfortable, cela reste jouissif. Mon retour était attendu au sein du club. Il n’y a pas eu de réactions particulières. Certains ont fait la gueule, d’autres ont montré un certain plaisir à revoir ma cicatrice.
J’ai fait un petit discours. J’ai rendu hommage à Tony. Ce trou du cul ne me manque pas mais avant de mourir, il aura fait deux belles choses. La première c’est de m’avoir sauvé la vie, la seconde, c’est d’avoir recruté Piech. Un beau talent. Je vais pouvoir enfin profiter d’un attaquant rapide pour épauler Keogh. La paire risque d’être prolifique pour la fin de saison.
Je suis donc arrivé sans faire de bruit. J’ai prit la décision de changer d’attitude avec eux. Je vais abandonner ma froideur pour laisser place à un peu de chaleur. La cause de cela ? Sydney. J’ai envie de lui rendre hommage en montrant aux autres mes qualités. Elle était toujours là à me pousser à le faire. Je ne voulais pas. Je voulais rester cet homme au cœur de pierre. L’assassin n’a pas le droit d’être sentimental. Je vais faire une entorse à ce principe là. Juste pour que Millwall avance dans le bon sens. L’équipe est bien partie pour monter en PL. Malgré tout ce qu’elle a subi, elle a encaissé sans broncher. A moi maintenant de reprendre la main pour les maintenir au plus haut niveau. A moi de faire des efforts pour qu’ils aillent dans mon sens.
La vérité ? Je m’attendris pour attirer celui qui m’a enlevé ma belle. Je sais qu’il me veut. Je sens qu’il rode. Je veux qu’il croie que je suis blessé. A la portée de ses coups. Je veux qu’il sache que je veux vivre. J’ai l’impression que cela le fait bander de me voir essayer de sortir la tête de l’eau. Sydney était ma raison de vivre. Il me l’a enlevé. Il veut me détruire. Je commence à cerner un peu son jeu. Je vais l’appâter pour qu’il vienne s’embourber dans mon piège silencieux. Une fois prisonnier, je le détruirai, je le découperai, je le tuerai !
A quelques mètres de là, le cinquième homme observe l’entraineur de Millwall avec appétit. Dans quelques jours, la première étape de sa traque va démarrée. Il jubile avant même que cela ait commencé. Il devient sourd à ce qui se passe. Ne faisant pas attention aux trois coups de sifflet de l’arbitre, scélant la victoire de Millwall sur les terres de Peterborough, par le plus petit des scores.
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